Interview :
Former les ingénieurs de demain
Présentation
Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer votre fonction au sein de l’ENISE ?
Je suis maître de conférences à l’ENISE, avec 2 volets à mon activité :
L’enseignement : j’enseigne la construction bois, la construction métallique, le génie parasismique, la modélisation numérique essentiellement.
Mais surtout un gros volet Recherche, associant approches expérimentales et modélisation numérique : je travaille à la révision de l’Eurocode 5, j’ai plusieurs projets de recherche en cours sur les solutions constructives mixtes associant du bois avec de l’acier ou du béton bas carbone (par exemple le projet MixAB sur des solutions de plancher associant des profilés métalliques et des panneaux CLT). J’ai une expertise spécifique sur le comportement au feu des structures.
Lien entre l’ENISE et le monde professionnel
Pourquoi est-il essentiel d’intégrer des expériences en entreprise dans le parcours des étudiants ingénieurs ?
Il y a 2 aspects ici.
Malgré la spécificité de l’ENISE à être une formation « métier », c’est-à-dire plus technique et orientée chantier que la plupart des formations d’ingénieur GC existantes, elle reste une formation théorique. Par ailleurs, l’évolution continue des maquettes pédagogiques, avec de moins en moins d’heures disponibles pour traiter de plus en plus d’éléments dans les formations, avec les aspects sociaux/sociétaux, environnementaux et climatiques, etc… qui prennent de plus en plus de place au détriment des enseignements de base du Génie Civil, tout cela réduit le niveau technique et scientifique des ingénieurs que nous formons. Les connaissances sont plus superficielles (beaucoup moins d’heures de travaux pratiques par exemple), et il est indispensable que les étudiants soient confrontés durant leur formation au terrain, au réel, au concret, pour visualiser ce qu’ils n’apprennent plus que théoriquement.
Le deuxième aspect est celui des relations humaines et du management. Un étudiant peut être brillant seul devant une page blanche mais se retrouver inadapté une fois confronté au monde de l’entreprise. Il est donc indispensable que les étudiants soient confrontés à la réalité humaine d’une entreprise : être en condition de recevoir des consignes, de les transmettre de manière adaptée, de gérer l’aspect humain important dans nos métiers de terrain. Cela participe à leur maturité, leur permet de passer d’un rapport scolaire à leur formation à un rapport professionnel.
Quel rôle jouent les entreprises partenaires dans la réussite de ces formations ?
Les entreprises partenaires jouent un rôle central dans les 2 aspects évoqués précédemment : elles permettent aux organismes formateurs de ne pas se déconnecter des réalités de la vie des entreprises. Articuler les formations d’ingénieur et les entreprises est une synergie : en formant les étudiants aux dernières avancées dans leur domaine, les écoles apportent des connaissances et des méthodes nouvelles aux entreprises, là où ces dernières font remonter leur besoin et leur évolution aux formations qui les intègrent et se renouvellent.
Notre engagement auprès des jeunes
Comment décririez-vous l’engagement de notre entreprise dans l’accueil et la formation des jeunes ?
En quoi notre entreprise constitue-t-elle un environnement formateur pour de futurs ingénieurs ?
J’ai grandement répondu à cette question précédemment : Racinéo est une entreprise « moderne » de construction bois. Elle a compris les enjeux actuels et futurs d’une entreprise de construction, elle est en perpétuelle remise en question et innovation. Elle forme à la fois les ingénieurs à la construction bois, mais également à la gestion d’entreprise, nos étudiants étant fortement impliqués dans les décisions prises.
Impact sur les étudiants
Qu’observez-vous chez les étudiants après leur passage dans notre entreprise ?
Clairement, les étudiants sont moins scolaires dans leur approche, plus sûrs d’eux. Ils gagnent en maturité, en professionnalisme, en sérieux.
Quelles compétences ou qualités développent-ils particulièrement grâce à cette immersion ?
Ils ont conscience que leur travail n’a pas qu’une implication sur eux et leur scolarité, mais ils comprennent que ça a une implication collective, sur la vie d’un groupe (ici d’une entreprise). Ils gagent énormément en responsabilité. Ils gagnent aussi en communication : ils adoptent une communication adaptée au monde professionnel. Ils cessent d’être des étudiants.
Sans parler bien évidemment des compétences techniques qu’ils développent, liées directement au matériau, aux systèmes constructifs, ou aux méthodes chantier.
Vision & transmission
Quel message souhaiteriez-vous adresser aux étudiants qui envisagent de rejoindre notre entreprise ?
Maxime Audebert
MCF – Enise – Saint-Etienne.